Une exposition de masques de théâtre : " Sombres Soleils" conçue et réalisée par Jean-Marie Binoche, sculpteur.
Des formations : ... " de la fabrication du masque aux jeux dramatiques ... " en ateliers avec le sculpteur....
" C'est un fait que toute l'humanité porte ou a porté le masque.
Cet accessoire énigmatique et sans destination utile est plus répandu que le levier, l'arc, le harpon ou la charrue.
Des peuples entiers ont ignoré les plus humbles, les plus précieux ustensiles : ils connaissent le masque.
Des civilisations, parmi les plus remarquables, ont prospéré sans avoir l'idée de la roue ou, ce qui est pire, sans avoir, la connaissant, l'idée de l'employer.
Le masque leur était familier.
Il n'est pas d'outil, d'invention, de croyance, de coutume ou d'institution qui fasse l'unanimité, ou du moins qui la fasse au même degré que le port du masque ne l'accomplit et ne le manifeste ..."
Roger Caillois, Les jeux et les hommes - Paris 1958

De tous temps, l'homme s'est donné un outil pour échapper à la pesanteur : le masque.
Peut-être aussi pour s'éloigner de lui-même et cela va de soi, de sa réalité. Pour se rapprocher des Dieux et des Esprits, communiquer avec eux, mais aussi pour épouvanter, invoquer, transcender, étonner, terroriser, se cacher ou jouer.
Tant et si bien que nos sociétés voyant là un objet de possibles déviations, s'appuyant sur une Eglise en mal d'autorité, arrachèrent le masque des visages, pour le réduire à un jeu d'enfant (en plastique de préférence) ou en objet décoratif dans le couloir de son appartement.
Le masque est la marque des grandes civilisations.
Si en Europe, le masque à caractère rituel a tenu un rôle non négligeable, il a aujourd'hui disparu corps et biens de notre horizon.
Lorsqu'il s'agit du masque pour le théâtre, nous pouvons dire qu'il est enfermé dans des genres qui le limitent.
Le plus célèbre d'entre eux, la Commedia dell'arte, pour lequel il a fallu réinventer des lois qui s'étaient perdues il y a fort longtemps, s'essouffle derrière des dogmes sans issues. Ce masque là appartient à un passé qui a eu raison de lui.
Nous sommes quelques-uns en Europe à vivre autour de cette question : "Comment donner au théâtre un masque qui soit digne de lui?"
Jean-Marie Binoche
Photographies: L'Atelier d'Images - H. Ponchon de Saint-André. Kobalto: F. Kochen - Mexico.
1933
Sculpteur de masques, metteur en scène, pédagogue.
Généalogie : Jacques Copeau, Léon Chancerel, Olivier Hussenot, André Voisin, Cyrille Dives.
Membre de l'équipe pédagogique de l'Ecole Internationale de Théâtre de l'Amérique latine et de la Caraïbe.
A ce titre dirige de multiples ateliers de fabrication et de jeux du masque en Colombie, Mexique, Cuba, Puerto Rico, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama, Vénézuela, Equateur, Pérou, Saint Domingue, Martinique, Guadeloupe et en France.
Monte de nombreux spectacles en France et en Amérique latine.
Co-dirige le groupe Organon
Le Théatracide
Dirige le groupe des Chevaux de Feu
Le groupe des Tailleurs d'histoires
Le groupe des Jardins du masque
Professeur en Colombie :
à l'université Nationale de Bogota
à l'Université Univalle de Cali
à l'Ecole Nationale d'Art Dramatique de Bogota
Professeur en France:
à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre - ENSATT (rue Blanche)
à l'Ecole du Passage de Niels Arestrup
Expert U.N.E.S.C.O.